top of page

Le 31 août, je quitte mon poste. Ce que les quatre zones m'ont appris

13 août
4 min de lecture

Le 31 août 2026, je quitte mon poste de fonctionnaire territorial. Pas une démission : une disponibilité. À partir du 1er septembre, je travaille comme formateur vacataire et consultant en bilan de compétences, VAE et préparation aux concours de la fonction publique territoriale.

Cette décision a mis deux ans à mûrir. Deux ans pendant lesquels j'ai commenté en formation le schéma des quatre zones, celui avec ses cercles concentriques et sa flèche qui traverse tout. Je le connaissais par cœur. Je ne l'habitais pas.

La zone de confort tient parce qu'elle fonctionne


Au centre, le cercle vert : habitudes, routines, expériences connues, sentiment de contrôle, sécurité. Le mot confort laisse entendre un défaut de caractère. C'est faux. On reste dans cette zone parce qu'elle produit exactement ce qu'on lui demande. Un salaire qui tombe. Des collègues qu'on connaît. Un métier qu'on maîtrise. Un statut qui protège.

J'y suis resté longtemps. Je connaissais mes dossiers, je savais à quoi ressemblerait mon lundi matin. Le schéma appelle ça être spectateur de sa vie. Vu de l'intérieur, ça ressemblait plutôt à une vie bien rangée dont je repoussais l'inventaire.


Ce qui se passe vraiment dans la zone de peur


Le deuxième cercle porte des mots précis : inquiétude face à l'inconnu, excuses et stratégies d'évitement, manque de confiance en soi, peur du regard de l'autre. J'ai pratiqué les quatre.

Mes excuses avaient toutes l'air raisonnables. Attendre d'avoir plus de références. Attendre que la trésorerie personnelle soit plus solide. Attendre la fin de l'année, puis la suivante. Chaque report se défendait, pris isolément. Mis bout à bout, ils font deux ans.

La peur du regard fonctionne autrement. Quitter un poste de fonctionnaire, même temporairement, oblige à s'expliquer. À sa famille. À ses collègues. À des gens pour qui rester va de soi et pour qui partir demande une justification.

La zone de peur ne dit pas non. Elle propose un délai.

Ce qui a fait basculer


Deux choses, à quelques semaines d'écart.

Des propositions d'intervention se sont accumulées, avec un calendrier posé sur douze mois. La preuve venait de l'extérieur, elle était datée et chiffrée. Difficile de continuer à dire que le moment n'était pas venu.

La seconde raison est moins agréable à écrire. Ma relation à mon travail s'était dégradée. Je ne me retrouvais plus dans ce qu'on me demandait ni dans la façon dont on me le demandait. Rester est devenu plus coûteux que partir.


Dans les bilans de compétences que j'anime, ce couple revient presque toujours. Quelque chose qui attire, quelque chose qui pousse. Une seule des deux forces suffit rarement à déclencher un mouvement réel.


Je ne suis pas de l'autre côté


Aujourd'hui, je me situe entre la zone de peur et la zone d'apprentissage. Le calendrier de septembre à décembre est correct. Celui de janvier ne l'est pas encore.

Il y a des semaines où l'inquiétude prend le dessus. D'autres où je découvre que je sais faire des choses que je n'avais jamais eu à faire : chiffrer une prestation, tenir une relation commerciale, dire non à une intervention mal calibrée.

Le schéma dessine des cercles nets. Le passage réel se fait par allers-retours.



Pour un agent territorial qui envisage la même chose


La disponibilité pour convenances personnelles est accordée pour cinq ans maximum, renouvelable dans la limite de dix ans sur l'ensemble de la carrière. Un fonctionnaire qui exerce une activité professionnelle pendant cette période conserve ses droits à l'avancement pendant cinq ans au plus, sur le fondement de l'article L514-2 du CGFP.

Avant de démarrer l'activité, une demande d'autorisation doit être adressée à l'autorité hiérarchique, qui examine sa compatibilité déontologique. L'autorité territoriale peut imposer un préavis pouvant aller jusqu'à trois mois entre la demande et le départ effectif.

Le décret n° 2025-1169 du 5 décembre 2025 a supprimé l'obligation de réintégrer son administration pendant dix-huit mois avant de repartir en disponibilité au-delà d'une première période de cinq ans.

Le point à retenir. La disponibilité maintient le lien avec le cadre d'emplois. La sortie de zone de confort reste réversible pendant plusieurs années, ce qui change complètement la nature du risque.

Ce que ça change dans ma manière d'accompagner


Je vais vivre ce que vivent les personnes que j'accompagne.

Le candidat qui repousse son inscription au concours d'une session à l'autre, en se disant qu'il sera mieux préparé la prochaine fois. L'agent qui hésite à demander un bilan de compétences par crainte que ça se sache dans le service. Le professionnel qui a un projet précis et attend un signal extérieur qui ne viendra pas.

Un accompagnateur qui n'a jamais bougé parle du mouvement de loin. À partir du 1er septembre, j'en parlerai de plus près.


Vous êtes en train d'y penser ?

Que ce soit un concours à préparer, un projet à clarifier ou une VAE à monter, on fait le point ensemble sur votre situation et sur ce qui vous manque pour avancer.

Par téléphone : 07 68 46 06 09 · ejconseil.fr

Emmanuel Joubert, EJ Conseil

 
 
 

Commentaires


bottom of page