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Déontologie de l'agent territorial : sept situations concrètes

7 août
4 min de lecture

Le jury ne demande presque jamais de réciter la liste des obligations déontologiques. Il pose une situation. Le fournisseur qui glisse un cadeau. Le proche mêlé à un dossier. La photo publiée un soir de mauvaise humeur.

Le candidat qui répond par du cours plaqué perd le jury en dix secondes.

Sept situations, un même réflexe

La déontologie de l'agent territorial ne se limite pas à un article de loi qu'on récite. Elle se traduit par un geste au bon moment : se taire, se retirer d'un dossier, refuser un cadeau, prévenir sa hiérarchie. Voici sept situations que tu peux rencontrer en poste ou croiser à l'oral.

Un fournisseur offre un cadeau

Un fournisseur, satisfait d'un marché qui vient de lui être attribué, dépose une bouteille sur le bureau de l'agent qui a instruit le dossier. Le principe de désintéressement interdit d'accepter un avantage susceptible d'influencer, ou de paraître influencer, l'exercice des missions. Le réflexe : refuser poliment et en informer sa hiérarchie, surtout si le geste se répète.

Un agent veut exercer une activité accessoire

Cours particuliers, vente en ligne, activité associative rémunérée. Le décret du 30 janvier 2020 encadre le cumul d'activités. Certaines activités relèvent d'une autorisation, d'autres d'une simple déclaration, mais toutes doivent rester compatibles avec les fonctions et s'exercer en dehors du temps de service. La demande se fait avant de commencer, jamais après.

Un agent critique sa collectivité sur Facebook

La liberté d'opinion des fonctionnaires est reconnue. Le devoir de réserve ne l'efface pas pour autant. Des critiques générales et mesurées ont déjà été jugées acceptables par le juge administratif. Des propos diffamatoires ou injurieux envers la hiérarchie, même postés en dehors du service, ont valu des sanctions disciplinaires. La frontière tient au ton, pas au fond.

Un dossier concerne un proche

Un agent traite un dossier et s'aperçoit qu'il concerne un membre de sa famille ou un ami proche. Le code général de la fonction publique impose de saisir sa hiérarchie, qui confie alors le dossier à quelqu'un d'autre. Si l'agent dispose d'une délégation de signature, il doit s'abstenir de l'utiliser sur ce dossier précis.

Se déporter ne suffit pas si l'agent continue, en coulisses, à donner des instructions sur le dossier.

Un usager demande une information couverte par le secret

Le secret professionnel protège l'usager, pas l'administration. Sa violation expose l'agent à une sanction pénale, en plus d'une sanction disciplinaire. Un agent qui communique une information à un tiers non habilité, même par gentillesse ou pour rendre service, engage sa responsabilité personnelle.

Rendre service à un tiers en partageant une information couverte par le secret reste une violation, même sans intention de nuire.

Un agent est sollicité pour une candidature électorale

Un agent conserve ses droits civiques et peut se présenter à une élection locale. Ce qui change, c'est l'exercice de ses missions au quotidien : il doit rester neutre, ne pas utiliser les moyens du service à des fins de campagne, et continuer à traiter tous les usagers de la même façon, quelle que soit leur étiquette politique.

Un signalement d'irrégularité par un agent

Depuis la loi du 21 mars 2022, dite loi Waserman, l'agent qui constate une irrégularité grave choisit librement entre un signalement interne, auprès d'un référent désigné par sa collectivité, et un signalement externe, auprès d'une autorité compétente. Il n'y a plus d'obligation de commencer par la voie interne. L'agent bénéficie d'une protection contre les représailles, à condition de respecter la procédure.

Le fil commun aux sept situations

Chaque situation engage un principe différent. Le tableau ci-dessous les résume.

Situation

Principe engagé

Cadeau d'un fournisseur

Désintéressement

Activité accessoire

Cumul d'activités

Publication sur les réseaux sociaux

Devoir de réserve

Dossier concernant un proche

Conflit d'intérêts, obligation de déport

Information sur un tiers

Secret professionnel

Candidature électorale

Neutralité

Signalement d'irrégularité

Protection du lanceur d'alerte

Les questions que le jury peut te poser

Catégorie B

Le jury peut demander de citer les principales obligations déontologiques et de donner un exemple concret pour chacune. Une confusion fréquente porte sur discrétion professionnelle et secret professionnel. La première protège le fonctionnement de l'administration, sanctionnée sur le plan disciplinaire. Le second protège l'usager, avec une sanction pénale à la clé.

Catégorie A

Le jury peut demander d'arbitrer une mise en situation complexe, où plusieurs obligations se superposent, par exemple un agent d'encadrement sollicité par un ancien collègue devenu prestataire. Un candidat qui cite un seul principe sans voir que la situation combine conflit d'intérêts et devoir de loyauté passe à côté de la moitié de la réponse attendue.

Ce que tu dois retenir

La déontologie ne se récite pas, elle se pratique au moment où la situation se présente. Le réflexe commun aux sept cas : prévenir sa hiérarchie avant d'agir, jamais après. Un agent qui improvise une solution seul, même de bonne foi, prend un risque disciplinaire ou pénal qu'une simple alerte aurait évité.

Avant l'oral, reprends chaque situation et demande-toi quel principe elle engage et quel geste concret elle appelle. C'est ce que le jury attend, pas une liste de définitions.

Tu veux t'entraîner sur des mises en situation déontologiques ?

On travaille ensemble sur des cas proches de ceux que le jury utilise, adaptés à ton cadre d'emplois.

Par téléphone : 07 68 46 06 09

Emmanuel Joubert, EJ Conseil


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